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Déchets
d’équipements électriques et électroniques : de nouvelles obligations pour les
professionnels du secteur
Le
décret fixe le cadre de la mise en place de collectes sélectives et d’un
traitement adapté des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).
A ce titre, il concerne donc l’ensemble des acteurs de la filière des EEE : les
producteurs en premier lieu, mais également les distributeurs, utilisateurs,
collectivités locales, installations de traitement….
Nous nous attacherons plus spécialement aux obligations relatives
aux producteurs. Ce décret pose le principe de la responsabilité du
producteur, principe selon lequel le producteur est responsable des impacts
de ses produits tout au long de son cycle de vie, depuis la fabrication jusqu’à
sa fin de vie en tant que déchet, avec pour conséquence immédiate une
obligation financière pour le producteur de prendre en charge les coûts de
gestion des DEEE.
Q1 : Qui
est considéré comme étant le producteur ?
Est
considéré comme producteur, toute personne qui, sur le marché national, et
quelle que soit la technique de vente utilisée, y compris par communication
à distance :
a- Fabrique
et vend des équipements électriques et électroniques sous sa propre marque,
b- Revend
sous sa propre marque des équipements électriques et électroniques produits
par d’autres fournisseurs,
c- Importe
ou introduit à titre professionnel des équipements électriques et
électroniques.
Q2 : Qui
est le distributeur et quelles sont ses obligations ?
Est
considéré comme distributeur toute personne qui, quelle que soit la
technique de distribution utilisée, y compris par communication à distance,
fournit à titre commercial des équipements électriques et électroniques à
celui qui va les utiliser.
Lors de la
vente d’un équipement électrique et électronique, le distributeur est tenu
de reprendre ou de faire reprendre gratuitement les EEE que lui cède le
consommateur dans la limite de la quantité (c’est ce que l’on appelle le un
pour un) et du type d’équipement vendu.
Q3 :Quels sont les produits concernés
par cette réglementation ?
Deux
critères doivent être remplis pour considérer qu’un équipement appartient au
champ d’application du décret :
-
Il
doit tout d’abord s’agir d’un équipement fonctionnant grâce à des
courants électriques ou à des champs électromagnétiques, ou d’un
équipement de production, de transfert et de mesure de ces courants et
champs, conçu pour être utilisé à une tension ne dépassant pas 1000 volts en
courant alternatif
et 1500 volts en courant continu.
-
L’équipement
doit en outre appartenir à l’une des dix catégories mentionnées à
l’annexe 1 du décret.
L’ avis aux
producteurs d’équipements électriques et électroniques publié au Journal
Officiel du 20 octobre
2005 liste de manière non exhaustive des exemples de produits
relevant de chacune des dix catégories
d’équipements mentionnées dans le décret. Cet avis reprend l’annexe IB de la
directive 2002/96/CE relative aux déchets d’équipements
électriques et électroniques.
Par ailleurs, le décret, tout comme la directive,
impose aux professionnels des obligations variables selon que les déchets
générés par les EEE mis sur le marché sont qualifiés de « ménagers » ou
de professionnels ; mais également d’ « historiques »,
c’est-à-dire mis sur le marché avant l’entrée en vigueur des obligations le 13
août 2005 ou non.
Cette distinction implique donc la mise en place
de deux modes de gestion de fin de vie différenciés selon le type de déchets.
Q4 :
Qu’entend-on par DEEE ménager ? DEEE professionnel ?
Selon les
termes du décret :
- sont
considérés comme DEEE ménagers, les DEEE provenant des ménages
ainsi que d’équipements qui, bien qu’utilisés à des fins professionnelles ou
pour les besoins d’associations, sont similaires à ceux des ménages
en raison de leur nature et des circuits par lesquels ils sont
distribués ;
- sont
considérés comme DEEE professionnels, les autres déchets
d’équipements électriques et électroniques.
A noter : la
distinction DEEE ménagers / DEEE professionnels n’étant pas aisée pour les
produits informatiques et télécoms, Alliance TICS a tenté de compléter les
critères légaux de catégorisation afin de fournir une grille de
classification plus précise. Pour en savoir plus : (renvoi vers le site
privé)
Q5 :
Quelles sont vos obligations pour la gestion des DEEE professionnels ?
Pour remplir ces
obligations, deux solutions s’offrent à vous :
- Soit adhérer à un éco-organisme agréé par les pouvoirs
publics pour les DEEE professionnels
Attention : A ce jour, les
éco-organismes ne le sont que pour les DEEE dits « ménagers ».
- Soit organiser votre
filière de manière individuelle.
Q6 :
Quelles sont vos obligations pour la gestion des DEEE « ménagers » ?
- Mise en place et
contribution financière à une filière d’enlèvement et de traitement
(individuelle ou éco-organisme) agréée ou approuvée par les pouvoirs publics
(financement de la collecte, de la valorisation et du traitement des DEEE)
A noter : pour les DEEE
ménagers la collecte primaire peut s’effectuer via les collectivités
locales, via les distributeurs, via des systèmes individuels mis en place
par les producteurs qui le souhaitent, via des associations d’insertion…
- Marquage de vos
produits : depuis le 13 août 2005, les produits mis sur le marché
doivent être marqués d’un logo indiquant qu’il convient de ne pas les jeter
avec les ordures ménagères.
- Affichage en pied de
facture des coûts unitaires de l’élimination des produits mis sur le
marché avant le 13 août 2005 afin d’en informer les consommateurs. Ce coût
est appelé également la contribution environnementale visible
- Information aux
utilisateurs sur l’obligation et les moyens de recyclage des DEEE
- Information des
entreprises de traitement en mettant à leur disposition des fiches
techniques fournissant les informations nécessaires au traitement des
déchets
Q7 : Qu’est-ce que la
contribution visible ? Comment l’afficher au consommateur final ?
Les dispositions prévues
par le décret du 20 juillet 2005 ont été complétées à posteriori par
l’adoption d’un nouvel article dans le code de l’environnement, l’article L
541-10-2. Celui précise que :
-
les
coûts unitaires supportés pour l’élimination des déchets (appelés
également contribution environnementale visible) doivent être
mentionnés sur la facture
-
ces
coûts sont en sus du prix hors taxes,
-
ces
coûts apparaissent en pied de facture,
-
ces
coûts unitaires ne doivent pas dépasser les coûts réellement supportés
et ne supportent aucune réfaction.
Les distributeurs en
informent le consommateur final soit en leur délivrant une facture
comportant cette information en bas ou en pied de facture, soit par voie de
marquage, d’étiquetage, d’affichage, ou par tout autre procédé approprié.
NB : Alliance TICS a réfléchi aux modalités d'affichage de cette
contribution environnementale visible pour les producteurs. Pour plus
d'informations : partie adhérents
Q8 :
Quelles sont les sanctions encourues en cas de non respect des
dispositions ?
Amendes
(contravention de 3ème classe) : 450 € / infraction
En cas d’absence de marquage et de non présence du symbole poubelle barrée
pour les produits ménagers (art 6).
En cas de non information de acheteurs du coût unitaire d'élimination des
EEE mis sur le marché avant le 13 août 2005.
En cas de
non communication des informations aux installations de traitement et au
teneur du registre.
En cas de
refus de reprendre un équipement usagé dans le cadre du 1 pour 1.
En cas de non information de acheteurs du coût
unitaire d'élimination des EEE mis sur le marché avant le 13 août 2005.
Amendes
(contravention de 5ème classe):
En cas
d’infractions aux articles 4 (ROHS), 8 (contribution collecte sélective des
DEEE ménagers), 13 (enlèvement + traitement DEEE ménagers), 16 (défaut de
garantie financière ou absence de contribution à un éco organisme agréé) et
18 (enlèvement + traitement des DEEE professionnels)
Afin d’identifier les producteurs soumis à
ces différentes obligations et de pouvoir donc contrôler s’ils respectent
ou non leurs obligations, un registre national des producteurs est
institué par le décret, comme le prévoyait la directive européenne. En France,
il est tenu par l’Ademe. Ce registre doit également permettre aux pouvoirs
publics d’obtenir les informations nécessaires pour effectuer les
rapports demandés par Bruxelles (atteinte des taux de collecte,
valorisation, …).
Q9 : Qui
s’enregistre ? que faut-il déclarer ? Quand ?
Le registre est
opérationnel depuis le 1er septembre 2006.
-
Les
producteurs (au sens du décret) d’EEE ménagers et/ou professionnels présents sur le marché
national doivent s’enregistrer avant le 1er décembre 2006.
-
Ils
devront dans un deuxième temps effectuer leurs déclarations de mises
sur le marché relatives à l’année 2006 et de tonnages collectés
entre le 1er janvier 2007 et le 1er mars 2007.
L’enregistrement comme les
déclarations peuvent être effectués par les éco-organismes agréés pour le
compte de leurs adhérents.
Pour plus d’informations :
site Ademe
Les informations contenues dans ce
document sont données à titre indicatif
et ne constituent en aucun cas un avis juridique.
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